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Berlin en totalité !Suite de mon billet d'il y a quelques jours avec cette fois le single "Berlin" en entier. J'adore. (cliquer sur le titre) Dire que je suis allée faire plusieurs magasins après l'avoir entendue, pour apprendre par la suite que l'album sortait ... fin mai ! Bonne écoute ! "The" CHRISTOPHE ... !!!
J'adore Christophe Willem ! Bientôt le 2e album, chic ! KLAUS NOMI
L'autre jour, je ne sais même plus comment ni pourquoi, j'ai dû l'entendre sans doute, ou bien quelques notes, bref, j'ai pensé à lui… et depuis j'ai fait des tas de recherches sur le net sans pouvoir dénicher grand-chose… Pourtant il est tellement grandiose, c'est un homme que j'adore et je me demande aujourd'hui comment j'ai pu rester tant d'années sans l'écouter, sans penser à lui ! C'est dingue. Je réalise à quel point il m'a manqué. Je ne veux plus passer autant de temps sans l'entendre, sans me laisser transpercer par sa voix qui me donne des frissons. Car oui, c'est le mot : sa voix transperce. Elle émeut, elle touche le plus profond de nous, ou bien pour d'autres c'est le dégoût, l'énervement, les poils qui se hérissent… Bref, en tous cas il ne laisse pas indifférent. Je le remercie ici et maintenant, d'avoir existé, de nous avoir offert ces quelques "songs" que j'ai écoutés encore et encore pendant mon adolescence. A cette époque, je le trouvais plutôt glauque, mais déjà sa voix me touchait et j'aimais ça. A présent et depuis que je l'écoute à nouveau, depuis ce jour béni où j'ai repensé à lui, c'est encore plus fort…. LUI C'EST … KLAUS NOMI.
Klaus Sperber naquit le 24 janvier 1944 dans les Alpes bavaroises, en Allemagne. Enfant unique, il fut élevé par sa mère, seule.
Il travaille comme ouvreur à l'opéra de Berlin vers la fin des années 60, où il amuse l'équipe d'entretien avec des imitations de Maria Callas. Il intensifie ses dispositions naturelles en épilant ses sourcils, en mettant du rouge à lèvres et en guise de coiffe : une couronne.
Il apparaît dans une production de camp de Das Rheingold avec "Charles Ludlam's Ridiculous Théatrical Compagny". Il a cependant déjà un double goût pour le pastiche et les vocalises, et entretient ses collègues en reprenant des airs classiques, et en imitant Maria Callas ou Presley, entre autres.
Autodidacte, il part à l'aventure en 1972 à New York (du côté de St. Mark's Place), où il exercera divers petits boulots, surtout comme cuisinier et pâtissier, en particulier au World Trade Center. Le jour. La nuit, il hante le New York festif, les boîtes de nuits et les clubs d'East Village. Il commence à apparaître dans de petits spectacles, cherchant sa voie, et sa voix. Cette dernière couvre assez un large registre, de base ténor, mais avec des possibilités de falsetto (pour info : Le fausset — ou voix de fausset, ou falsetto, en italien — est une technique vocale utilisant le registre le plus aigu — parfois appelé registre de tête, registre léger, ou encore voix de tête — obtenu en empêchant la contraction normale des cordes vocales. Le terme est surtout appliqué aux chanteurs de sexe masculin, ceci afin de bien distinguer ce type d'émission de voix de la technique opposée, plus habituelle, utilisant la voix de poitrine — ou registre de poitrine —, souvent considérée comme culturellement plus naturelle).
Il demandera conseil vers 1976 à Ira Siff, plus connue sous le nom de Vera Galupe-Borszch dans La Gran Scena Opera Company, qui lui conseille d'abandonner le soprano. C'était peu avant le renouveau du contre-ténor masculin… Ira Siff rappelle : "il est venu chez moi pour que je le conseille sur sa voix, il avait une très bonne teneur lyrique. A ce moment là, il n'y avait aucun intérêt pour les hommes chantant avec une voix aigue. La renaissance d'alto n'avait pas commencé. J'ai suggéré à Klaus de se concentrer sur son ténor et d'oublier son soprano, parce que personne ne le prendrait au sérieux. Heureusement, il n'a pas écouté mon conseil !".
Le "East Village" est débordé par la vague Punk. Sperber se fond parfaitement dans le décor ! Il a joué une demoiselle du Rhin en boucle théâtrale (Gott Farblonjef 1977 dans Charles Ludlam's Ridiculous Théatrical Compagny). Il fait forte impression à Joey Arias, publiciste chez Fiorucci. "C'est Katy K. qui me l'a présenté".
Katty Kattleman avait rencontré Klaus dans une boite de nuit d'Uptown, il portait une jacket et un béret de femme des années 40 : "Je l'ai tout de suite adoré et on a commencé à faire des sorties chez Max's et CBGB ensemble..."
Klaus Sperber était ami avec un jeune danseur Adrian Richards, qui avait perfectionné une danse de robot de mime. Le magazine préféré de Richard's était OMNI. Il en fit une anagramme NOMI. Plus tard, Sperber est devenu Nomi...
En deux ans, Klaus Nomi s'est retrouvé dans la position d'un pauvre chef pâtissier en étant parallèlement la nouvelle vague de New York. Il a créé un cabaret de jeunes artistes et interprètes, autour de lui, une liste qui à diverses heures incluait Kenny Scharf, Keith Haring, Jean-Micheal Basquiat, john McLaughlin, Joey Arias...
Pendant une soirée au Club Mudd, Klaus Nomi rencontre son idole, David Bowie. Ce dernier lui demande, ainsi qu'à Joey Arias, de l'accompagner sur la scène du show Saturday Night Live TV. Les deux compères firent les choeurs sur les chansons de Bowie, "The Man Who Sold the World", "TVC15" and "Boys Keep Swinging" en 1978.
C'est l'endroit où un monde plus grand le découvrit enfin. David Bowie l'aurait introduit auprès de sa maison de disques de l'époque, où il enregistra deux disques.
Malheureusement, en 1982, une autre peste est apparue, bien plus mortelle que l'héroïne. "Le S.I.D.A. (Syndrome d'Immuno Déficience Acquise)", cette maladie était restée anonyme pendant plusieurs années et au début touchait la population homosexuelle. Alors que cette maladie était à peine identifiée, Klaus fut diagnostiqué positif et il a été hospitalisé.
Après quelques semaines, il semblait aller mieux. Il était assez fort pour tenir debout. Il est donc rentré à son domicile. Quelque temps après, Klaus a développé le syndrome de kaposi (lésions liées au sarcome de kaposi, joint à un cancer rare de la peau avec le S.I.D.A.). Il a eu des taches partout sur son corps et ses yeux sont devenus des fentes pourpres. Il était complètement épuisé, malgré son état, il avait toujours le mot pour rire. Klaus s'est senti à nouveau très faible et a été de nouveau hospitalisé. Il ne pouvait plus manger pendant des jours parce qu'il avait une tumeur à l'estomac…
Klaus est mort dans la nuit du 5 au 6 août 1983. Ces cendres auraient été dispersées au-dessus de New-York, conformément à sa demande.
Quelques titres :
1er album :
COLD SONG, le plus connu sans doute, d'après l'oeuvre de Purcell "King Arthur" (1691)
Celle-là me fait beaucoup penser à Nina Hagen, dont les intonations se rapprochent beaucoup de celles de Klaus. Elle a d'ailleurs repris le titre "Total Eclipse", à voir sur le site "you tube" pour ceux qui aiment...
2ème album :
Une que j'adore… THREE WISHES … c'est celle qui passe en ce moment… Vous pouvez cliquer sur chaque "petit Klaus qui danse" et découvrir d'autres panneaux… vraiment sympas ! Si vous souhaitez voir cette vidéo marrante en plus grand, cliquez ici.
Pour ceux que cela intéresse, j'ai trouvé une interview d'Andrew Horn, qui a réalisé le film "The Nomi Song" en 2004 et j'ai trouvé intéressant le commentaire de Panorama Cinéma sur ce film qui résume bien ce qu'a été Klaus, même s'il n'est plus aujourd'hui. Il reste dans mon cœur et dans celui de beaucoup de personnes je l'espère.
THE NOMI SONG (2004)- Andrew Horn
Article de Jean-François Vandeuren
Le récit de Klaus Nomi s’apparente pourtant au parcours rêvé de toute star montante de la musique qui désire plus que tout laisser une marque indélébile à long terme. Similaire au destin tragique de Joy Division et Nirvana, l’ascension fulgurante de Nomi se termina par la mort prématurée de ce dernier, laissant derrière elle plusieurs questions sans réponses qui aidèrent ironiquement, comme ce fut le cas pour Ian Curtis et Kurt Cobain, à solidifier un mythe déjà imposant de leur vivant. Mais il y a évidemment eu une époque de réjouissance pour le chanteur d'origine allemande. Andrew Horn plonge au départ son effort dans l’univers très glamour et incontrôlable de la scène underground new-yorkaise où tout n’était prétexte qu’à un délire visuel frénétique. Nous présentant divers témoignages des plus proches collaborateurs et amis personnels de Klaus Nomi, le cinéaste parvient à rendre hommage à une ère de créativité et d’excès et une de ses figures les plus étranges, allant chercher une bonne partie de cette folie grâce à un ensemble de vidéos d’archives et d’entrevues assemblés d’une manière extrêmement efficace. Horn accorde d’ailleurs une place assez importante aux diverses apparitions sur scène de Nomi, ne se gênant pas pour étirer ces segments sur plusieurs minutes afin que l’on puisse réellement comprendre l’essence du personnage créé par Klaus Sperber. Performances qu’il entrecoupe d’entrevues qui viennent pour leur part servir de narration au film.
Je n'ai pas vu le film… je ne savais même pas qu'il existait. Aujourd'hui, je n'ai qu'une envie : me le procurer !
Quelques citations au sujet de Klaus :
Vera Galupe-Borszch'dit :'Ira Siff ( de la Gran Scena Compagny of New York) C'était un homme très doux, très sincère et ouvert. Il est la seule personne qui a compris les rouages de la musique classique et rock et les a assemblés. Klaus reste le seul à avoir osé ce mélange...
'Klaus Nomi, by Kristian Hoffman, for East Village Eye'
Sa vision était naive, pittoresque voir bizarre, presque idiote, mais puissante dans sa pureté et innocence. Meme de la manière la plus extravagante dans l'interprétation de 'Lightning Strikes' ou d'une voix tremblotante et sublime 'Death' de Purcell. Il avait une reconnaissance d'apocalypse menaçante qui lui prêtait conviction. Pour Klaus, l'apocalypse et la métaphore de la purification, optimiste farfelu entouré par un détachement cynique (une démission). Klaus a osé croire en un meilleur monde...
Il n'a pas fini sa vie à la fin de sa carrière, mais ses plus grands accomplissements étaient en avance sur lui...
A voir absolument :
Klaus, à mon sens une personne hors du commun avec son air d'extra-terrestre, son air de "venu d'ailleurs", était étrange, déroutant, original, attachant, envoûtant, fascinant : des shows dans la dérision la plus totale qui te montraient drôle, ridicule à souhait, mais finalement derrière tout ça, que de contrôle, de préparation et en même temps, que de passion pour la musique et que de partage avec nous tous.
Klaus, comme j'aurais aimé que tu restes, qui sait ce que tu nous aurais offert, sans aucun doute pour moi du dément !
Klaus, mon "venu d'ailleurs", mon "disparu irremplaçable", tu es toujours dans mon cœur parce que ta voix me touche, m'ensorcelle, me charme, et dans ma tête, grâce aux chansons, rares mais si belles, que tu nous as laissées. Merci à toi…
IL a gagné !Véronique Sanson.. la véritéJ'ai vu récemment le reportage consacré à Véronique Sanson, où elle raconte avec beaucoup de pudeur ce qu'elle a vécu. Une phrase m'a particulièrement touchée :
"on se dit que la vie c'est boire, fumer, faire la fête et être généreux... après on est indestructible... puisqu'on s'est déjà détruit... " |
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